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La Dolce Vita

par | 10 avril,2017 | Articles, Arts

Arts et évènement

Fellini grandeur nature !

C’est une soirée qui choque l’Italie de la fin des années 1950 : au Pipistrello, night-club chic de la sélecte Via Veneto, une jeune femme entame une folle danse du ventre qu’elle achève dans le plus simple appareil. Des photographes sont là pour immortaliser l’événement – les aurait-on prévenus ? – et l’afficher en une des quotidiens du lendemain.

Ceux-ci ont beau jeu de condamner l’exhibitionniste – une jeune Turque répondant au sobriquet d’Aiché Nana – et de fustiger la décadence morale de l’Italie. Ce strip-tease mondain vous dit quelque chose ? Non, vous n’y étiez pas (ou alors écrivez-nous d’urgence). En revanche, il se peut que vous ayez vu La Dolce Vita, où une scène d’orgie évoque directement le scandale de la belle dénudée…
Federico Fellini, cinéaste de l’imaginaire ? Roi du fantasme qui invente sa propre réalité, si différente de la nôtre, dans le célèbre studio 5 de Cinecittà, son antre ? Bien sûr, mais après La Dolce Vita. Car le film, qui sort en Italie en février 1960 et conquiert la Palme d’or au festival de Cannes trois mois plus tard, compile très fidèlement quelques événements ayant rythmé la vie de l’Italie des années 1950.

Fédérico Fellini

Ainsi la longue scène du « miracle » – deux enfants qui auraient vu la Sainte Vierge – s’inspire-t-elle d’un cas similaire, un canular dont les journaux ont fait leurs choux gras en juin 1958. Et, bien sûr, le récit suit à la trace le roi des photographes mondains, Tazio Secchiaroli, le premier paparazzo, qui volait des photos aux people de l’époque, se battait avec ses sujets – inventant une facette de la médiatisation contemporaine du monde. Dolce vita ? Pazza vita, plutôt.
La Dolce Vita, lundi 28 octobre, à 22h35, sur Arte.
Le héros journaliste, joué par Marcello Mastroianni (Fellini refusa Paul Newman !), ou la figure de l’intellectuel Steiner, joué par Alain Cuny, regardent ces mœurs avec distance, voire désespoir. Pas sûr que Fellini ne soit pas de leur avis : le monde déréglé, il le fuira désormais, réfugié dans son imaginaire.

« Avec “La Dolce Vita”, tourné en décors naturels, le cinéaste de l’imaginaire signe son dernier hommage au réel, avant de lui tourner définitivement le dos. »

Pour La Dolce Vita, tourné principalement en décors naturels (beaucoup dans le quartier de l’EUR), la Via Veneto avait été reconstruite à Cinecittà : les décorateurs avaient reproduit son tracé sinueux, mais pas sa pente assez marquée. De ce jour, Fellini ne cessa de détester la vraie Via Veneto, qu’il jugeait raide et inhospitalière.

La fontaine de Trévi

Rome, tournage du film à la cinécitta

Que lui importaient les vrais lieux ? « Quelquefois, racontait-il, je me promène n’importe où dans Rome, je vois tel monument, tel ou tel quartier. Je me dis : ‘Ah, ce décor, on ne l’a pas encore démonté ?’ » La Dolce Vita est le dernier film réaliste du maestro.

Dans le cadre de ses soirées cinéma plein air, la Marie de Rapallo vous propose un cycle Fédérico Fellini, vous pouvez réservez ici

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